Hier débat politique à l’école du Sacré Coeur à Koekelberg
Il y a à Bruxelles des écoles qui sont abonnées aux débats politiques entre représentants de partis démocratiques. Ce sont souvent des écoles de l’enseignement libre (Saint Dominique à Schaerbeek, Mater Dei et Don Bosco à Woluwé St Pierre, St Michel à Etterbeek,…). Des écoles en général renommées, qui forment les élites de demain et invitent les responsables politiques à exposer leurs idées devant un public d’élèves informés, attentifs et critiques. A Koekelberg, hier, le scénario était inhabituel. Le public était constitué d’une cinquantaine d’élèves de 16 à 21 ans, tous enfants d’immigrés du sud de la Méditerranée, les filles majoritairement voilées sur les bancs de gauche, les garçons sur les bancs de droite, en rangs serrés, chahuteurs et goguenards, sous une tente à grosses rayures bleues et jaunes dressée pour l’occasion dans la cour de l’école. Il y avait un côté messe de village au dix-neuvième siècle à cette scène là. Sur l’estrade, les représentants des 4 partis traditionnels, cdH, PS, ECOLO et MR, plus le PTB. La veille, le professeur qui organisait la rencontre m’avait téléphoné pour m’informer de la présence du PTB. Comme le PTB, pour des raisons compréhensibles, est rarement invité à ce genre de débats, j’avais osé un « ah bon le PTB ? ». « Oui, bien sûr » avait répondu le prof avec une intonation de voix qui indiquait assez son affection pour ce parti d’extrême gauche. Le débat a débuté classiquement par la présentation par chaque candidat du programme de son parti. A la fin des exposés, seul le représentant du PTB a bénéficié d’applaudissements. Nourris et accompagnés de cris de soutien. Il m'avait plutôt semblé qu'il avait dit quelques bêtises, mais soit. Puis, de manière surprenante, un élève s’est levé et m’a interpellé : « le Professeur nous a dit en classe que le cdH avait peur de tout, est ce que c’est vrai ? ». Amusé, j’ai fait répéter la question. J’avais bien entendu. Rires sur tous les bancs. Cette sortie était d’autant plus surprenante, que j’avais auparavant plaidé fort logiquement comme représentant d’un parti d’opposition pour un changement radical de politique. Légèrement ahuri mais égayé par la question, je me retourne vers le professeur, embarrassé, à qui je demande s’il est exact qu’il ait parlé du cdH en ces termes. Il bafouille, je lui dis « il faut assumer maintenant », il finit par confirmer. Le reste du débat démontre que la préparation faite au préalable par le professeur devait être assez particulière. Fin de la cérémonie, tout le monde remercie, on se lève, et hop, le représentant du PTB sort une pile de tracts de son sac et les distribue aux élèves. En complète violation du pacte scolaire… Le professeur s’est empressé de proposer aux autres représentants de partis de lui envoyer leur programme afin qu’il le distribue en classe.
Je suis sorti de là avec le sentiment d’avoir servi de faire valoir à un professeur qui avait invité son pote du PTB à venir vendre sa soupe dans une école qui pourtant méritait mieux en guise d’introduction au débat politique et aux enjeux de notre société que la prose post-stalinienne d’un représentant cryptocommuniste. La campagne électorale est une sacrée leçon de choses.
Effectivement, derrière la façade démocratisée, on trouve tjs des « grands leaders » du PTB participants aux grand-messes staliniennes – voyez par exemple cette vidéo, qui date de 2008 :
http://www.youtube.com/watch?v=G1zyfth1N44
Cde Mohammed Hassan, Former Ethiopian Ambassador, now leading member of the PTB (Workers Party of Belgium), Speaks at the CPGB-MLs Meeting to Celebrate the Great Socialist October Revolution.
La photo de Staline bien en évidence
Rédigé par: Rob | 26/08/2009 à 12:24
L evolution recente semble indiquer que le PTB est en train de changer. Dans le sens souhaité par le camarade. Si vous faites sur Google: PTB Staline
vous tomberez sur des pages à la gloire de Staline... qui n existent plus.
En allant sur le cache, vous verrez à quoi ca ressemblait.
Ca a tout l'air d'une bonne ...épuration si j'ose dire.
Rédigé par: AW | 16/03/2008 à 10:57
Mon vrai nom est plutôt Gérard Mugemangango, et je n'ai jamais vécu en Union Soviétique, je n'ai pas eu l'habitude non plus, il est vrai, de fréquenter les écoles d'élite, je me sentais donc assez à l'aise devant ce publique qui vous semblait "inhabituel". Je suis ouvert à la discussion concernant les "bétises" que j'aurais dite, et j'ai difficile à me rappeller d'une quelconque prose post-stalinienne. Je me souviens, par contre, avoir mis en avant le modèle Kiwi, élaboré par un de nos medecins, qui permettrait à la sécurité sociale d'économiser plus d'1 milliard et demi d'euros, et aux électeurs d'en économiser la moitié. Cette méthode d'adjudication publique, pour l'achat des médicaments, n'est pas soviétique, elle nous vient de Nouvelle-Zélande, et elle est appliquée, dans une certaine mesure, en Hollande. Là-bas, le dafalgan ne coûte que 0,50 cents la boîte au lieu des 3,5 eur que nous payons içi. Cette économie pourrait permettre la création de 25000 emplois, dans le non marchand par exemple, j'aurais cru que cela vous plairait, en tant que professionnel de la santé....
En tout cas mes féliçitations pou votre score.
Rédigé par: Celui que vous appellez, le représentant cryptocommuniste à la prose stalinienne | 16/06/2007 à 21:42