Il s’en est passé des choses dans ce pays singulier depuis que j’ai rangé le clavier de mes humeurs internautes. L’humeur, justement, est de plus en plus guerrière dans certains Etats-Majors politiques. Pas plus tard qu’hier, un brave ministre libéral du nord du pays invoquait la démocratie, pas moins, pour refuser la nomination de bourgmestres largement élus par leur population et qui avaient eu l’outrecuidance de ne pas appliquer les lois infâmes d’une tutelle liberticide. L’histoire s’accélère, la Belgique a le tournis. Ce qui semblait impossible il y a un an à peine, une crise sans fin, le confédéralisme (avant-coureur d’une séparation ?), l’utilisation par les Flamands de la loi du nombre et de la force pour éradiquer les francophones en périphérie bruxelloise et pour modeler l’Etat fédéral au profit de leurs seuls intérêts, fait aujourd’hui partie des nouvelles mœurs « démocratiques ». Car M. Keulen nous dit qu’il a agit comme « démocrate convaincu de prendre ses responsabilités »…
Ah ce mot ! Comme il aura été galvaudé depuis qu’il est né à Athènes il ya plus de 2500 ans… Il n’est que de regarder les deux cartes que produit chaque année Freedom House , une ONG qui fait autorité en la matière, l’une montrant les Etats qui se prétendent démocratiques (l’immense majorité) et ceux qui le sont vraiment (à peine plus d’un sur trois)…
La démocratie, c’est la défense des intérêts du peuple, de tout le peuple. C’est la défense de valeurs aussi fondamentales que la liberté d’expression, la liberté de réunions et d’association, pour ne reprendre que les éléments aujourd’hui les plus bafoués. Ce n’est en tout cas pas l’organisation d’une ségrégation ou d’un apartheid qui ne dit pas encore son nom.
Le mouvement flamand a évolué en quelques décennies d’un mouvement d’émancipation en un mouvement de repli égoïste, autoritaire et déjà largement xénophobe. Ainsi va la Flandre. Ainsi vont les peuples les plus riches d’Europe, les Catalans, les Italiens de la Ligue Lombarde, les Danois, les Ecossais qui rêvent de bénéficier seuls des immenses réserves pétrolières qu’ils possèdent en mer du Nord.
Les Belges et les Européens auraient bien tort de croire qu’ils peuvent continuer sans risque de se quereller, s’émietter, se miniaturiser dans un monde où seul comptera le poids des grands. On se tromperait en pensant que la mise en place rapide d’un gouvernement n’est pas indispensable au bien-être de la population. Un pays qui fait du surplace est un pays qui recule. Au début tout semble marcher comme si de rien n’était. Quand on s’aperçoit des problèmes, ils sont déjà profonds et le coût pour chacun risque d’être énorme.
je vous ai écouté lors d'un débat au centre du CCLJ, et peut être vous en souvenez-vous je vous ai accosté après le débat en vous faisant part de ce qu'une jeune fille qui n'avait pas apprécié votre discours vous taxait de "Vlams Belang".
Démocratie : oui certe ce terme né dans la Grèce antique où l'Agora
servait de lieu de discours et de politique a perdu cette valeur unique, essentielle dans notre pays quand des fanatiques un jour de janvier dans un sordide défilé dans les rues de Bruxelles et à la Place de Martyrs ont crié et affiché "à bas la démocratie".Cela, sans que votre présidente ne quitte cette manifestation alors que des cris hostiles et de haine à l'égard d'une population ont été proférés. Démocratie quand tu nous tiens ! Toute culture a ses valeurs, mais celle là est unique et devrait être générale, mais c'est aussi très démocratiquement que je n'apprécie pas votre représentante pour n'avoir pas quitté et marqué ainsi sa désaprobation à cette insulte à l'humanité dont elle se revendique.
Cela ne m'empêche pas d'avoir apprécié votre discours en cette circonstance, ainsi que le courage dont vous y avez fait preuve.
Rédigé par: Paul Opoczynski | 17/04/2009 à 12:36
Tout se dégrade au fil du temps. Ce qu'on nomme le "progrès" n'est plus d'actualité dans notre pays. La régression sociale chez nous, comme en Europe d'ailleurs, s'est accélérée ces 15 dernières années. A part les "privilégiés" (politiques, dirigeants de grosses entreprises, détenteurs des capitaux, gros fraudeurs avec la complicité de l'Etat, etc...), les nouveaux travailleurs "non qualifiés" sont pauvres malgré l'abondance dont nous disposons dans notre pays. Le travail a perdu de sa valeur "humaine" au profit des bénéfices à tout prix. L'humain est le prédateur de l'humain par son "Ego" démesuré. L'intelligence doit être mise au service de l'autre et non le contraire. Inculquons les vraies valeurs d'une démocratie, mais ça, c'est une autre histoire.
Rédigé par: Zambon | 07/06/2008 à 15:08
Que c'est bien triste tout cela. Un si beau et bon petit pays, malade de ses contradictions et ses déstructeurs.
J'ai la nette impression qu'au nord du pays, ils ignorent que l'histoire se répète toujours. On devrait pour le moment redifuser le film "Daens" pour le rappeler.
Je suis en souffrance, j'ai mal à mon pays. Où est la solidarité entre BELGES? Je veux continuer à croire que les belges sont des braves, et que bientôt, nous n'aurons plus que les cicatrices des plaies ouvertes d'aujourd'hui, même si les cicatrices, ça peut garder des douleurs aussi. Mais au moins, il y a moins de danger d'infection.
Rédigé par: Vanroose Lydie | 13/12/2007 à 08:10